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Astrologie politique

novembre 24th, 2008 by videodile

Avant l’élection du premier secrétaire du PS, le Monde se risquait à une prédiction : “Sauf surprise qui verrait M. Hamon l’emporter, une femme va s’installer à la tête du PS.” Le Monde devrait songer à créer une rubrique astrologique. Les astres ne démentent jamais de telles prévisions.

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Espoir déçu

novembre 24th, 2008 by videodile

C’est un titre encourageant lu dans Le Monde : “Retour au juste prix et fin de la spéculation”. Vérification faite, il s’agit du marché de l’art. C’était trop beau..

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Une avancée sociale

novembre 24th, 2008 by videodile

Le Figaro annonce “la fin des retraites forcées avant 70 ans”. En attendant la fin des congés annuels obligatoires et la liberté de travailler quinze heures par jour, il faudra songer à rétablir le droit au travail pour les enfants de moins de 12 ans.

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L’asphyxiante Amérique de Clint Eastwood

novembre 10th, 2008 by videodile

Le souffle, l’ampleur, le classicisme épuré, la flamboyance d’une forme révolue richement réinventée. Mais la fastueuse reconstitution d’époque de l’Echange ne dissimule pas que l’humeur de Clint Eastwood s’assombrit de plus en plus. Son 31e film s’avance masqué. La cruelle Amérique d’hier qu’il décrit préfigure la décevante Amérique d’aujourd’hui. S’inspirant d’un fait divers réel, l’Echange, comme Mystic River, comme Un monde parfait, s’insurge contre les tourments infligés aux enfants. Los Angeles, 1928, juste avant le krach, la grande dépression… Christine Collins (Angelina Jolie) supervise les employées d’un standard téléphonique, si vaste qu’elle y circule sur des patins à roulettes. Elle élève seule l’amour de sa vie, Walter, 9 ans. Un jour, il disparaît. La police le recherche vaguement. Deux mois plus tard, elle claironne qu’elle l’a retrouvé. Sur le quai de la gare, sous les flashs exubérants des photographes, Christine regarde ce garçon qui l’appelle maman. Mais ce n’est pas Walter. Mais le maire contesté, la police corrompue, tenant là leur rédemption et à leur triomphe, n’en démordront pas. Ce gamin est son fils, et voilà. Et si elle ne le reconnaît pas, c’est qu’elle est folle, dangereuse, délirante. On ira jusqu’à l’enfermer. Son seul allié sera un pasteur presbytérien contestataire, qu’interprète avec componction John Malkovich. Dans le même temps, un adolescent confesse qu’il est devenu malgré lui le complice d’un tueur d’enfants. Les deux intrigues s’épousent tragiquement. Le tueur (Jason Butler Harner, impressionnant) est arrêté, et pendu, longuement. Christine Collins ne renoncera jamais à attendre le retour de Walter, vivant.On devrait adorer l’Echange. On ne l’adore pas. A force de voir s’empiler tous les genres, film policier, film social, film politique, film de prison, film de procès, on est peu à peu asphyxié. Et puis il faut admettre que la prestation dévouée d’Angelina Jolie en mater dolorosa ne convainc pas tout à fait. Parce que Eastwood l’a traité en star ? Dans les pires moments de son angoisse, de sa colère, invariablement élégante, impeccablement coiffée, les lèvres peintes d’un rouge exagéré, elle peine à ressembler à une femme de condition moyenne et, de plus, désespérée.A Cannes, dont il est rentré bredouille, Clint Eastwood a défini l’Echange comme « un film d’horreur pour adultes ». Il n’y a pas que l’horreur, les abus de pouvoir, la corruption, il y a l’espérance absurde et splendide qui subsiste au cœur d’une mère. Il y a un film passionnant malgré ses failles et l’insatisfaction diffuse qu’il procure. Pour Eastwood, il est toujours « minuit dans le jardin du bien et du mal ». Même si c’est le mal qui sonne l’heure.

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Une nouvelle Amérique ?

novembre 5th, 2008 by videodile

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Un vent de changement souffle sur les Etats-Unis. Barack Obama est élu, la puissance américaine a pour la première fois de son histoire un homme progressiste, métis et aux racines plurielles à sa tête. Il était une fois une Amérique qui, par deux fois, avait élu un président néoconservateur et qui envisageait de donner le pouvoir à un homme en tous points différent de son prédécesseur. Un certain Barack Hussein Obama, encore inconnu sur la scène nationale il y a quatre ans. Un homme qui fait campagne sur des valeurs d’espoir, de changement. Un homme qui tente de redonner foi à ses concitoyens en l’american dream Un vent de changement sur Washington Barack Obama laisse au second plan la couleur de sa peau. L’important se trouve dans son programme, son projet pour les Etats-Unis, pas dans ses origines. Sans se révéler essentiel, cet élément marque malgré tout un tournant dans l’histoire. Il y a cinquante ans, une personne de couleur n’avait pas le droit de s’asseoir à l’avant d’un bus dans le sud des Etats-Unis. Aujourd’hui, en Louisiane, dans le Mississippi ou en Georgie, les électeurs démocrates ont tous préféré Barack Obama à des candidats blancs. (1) On ne peut nier l’importance d’un tel changement. D’autant que Barack Hussein Obama n’est pas seulement noir mais métis. On le trouve tantôt trop noir, tantôt pas assez. Ainsi, lorsqu’il se présente au sénat en 2000 face à Bobby Rush, ancien leader des Black Panthers, une partie de ses opposants le traitent d’”Oreo”, ce biscuit au chocolat fourré à la vanille. Obama est un “sang-mêlé”. Certains n’apprécient guère, mais il reflète le visage de l’Amérique de demain : en 2050, les Blancs seront minoritaires aux Etats-Unis. Obama incarne aussi le changement par sa jeunesse : 46 ans face à un John McCain septuagénaire et une expérience politique somme toute assez fraîche. Elu au Sénat de l’Illinois depuis 1996, il l’est à l’échelle nationale depuis seulement quatre ans. Et ce diplômé d’Harvard n’a jamais géré d’institution publique ni même été à la tête d’une entreprise privée. A peine sorti de l’oeuf et peut-être bientôt à
la Maison Blanche… Un parcours inimaginable en France où l’on jugeait Ségolène Royal un peu jeunette avec ses vingt ans en politique et ses trois expériences à des fonctions ministérielles. Après le scandale des élections truquées en Floride en 2000, les Etats-Unis vont peut-être nous donner une belle leçon de démocratie. Déjà, contrairement à l’usage américain, Barack Obama ne finance pas sa campagne à l’aide de chèques de groupes de pression mais de ceux de particuliers pour que “les lobbyistes ne définissent plus l’agenda de Washington”. Plus d’un million de personnes ont déjà fait un don. Et les jeunes, qui se déplacent habituellement peu pour aller voter, se sont mobilisés en masse pour les primaires. 
Un nouveau visage pour l’Amérique Le changement, Obama le signifie aussi à l’étranger. Le sénateur de l’Illinois représente l’Amérique multiculturelle dont beaucoup rêvent. En France, l’”Obamania” bat son plein. En 2004, l’Hexagone s’enthousiasmait pour le démocrate John Kerry mais cette fois, l’ampleur est tout autre. Un comité de soutien français au candidat a même été monté. On y retrouve Olivier Duhamel, Jack Lang, Sonia Rykiel, Bernard Henri-Lévy, Frédéric Mitterrand ou Bertrand Delanoë. A l’étranger, aujourd’hui, une personne sur deux a une opinion négative des Etats-Unis. Ce score les relègue juste derrière
la Corée du Nord. (2) Comme l’explique Joseph Nye, le théoricien du soft power (3) : “Une présidence Obama serait le meilleur moyen de faire progresser le pouvoir d’attraction de l’Amérique dans le monde.” (4) Avec un père kenyan musulman, une mère texane agnostique, un passé partagé entre Hawaï, Chicago, l’Indonésie, Barack Obama offre une image différente, nettement plus ouverte sur le monde. Avant même qu’il n’ouvre la bouche, le sénateur change déjà tout. Un homme dont le deuxième prénom est Hussein inspire moins d’a priori négatifs qu’un Bush texan et blanc et qui n’avait jamais mis les pieds à l’étranger avant son élection. D’autant que le Hussein en question s’oppose depuis le premier jour à la guerre en Irak et prône le multilatéralisme. Il laisse imaginer qu’une nouvelle ère est possible. Et au-delà du symbole, elle l’est peut-être vraiment. 
Multilatéralisme et soft power Barack Obama se distingue très clairement de la ligne politique de l’actuel locataire de
la Maison Blanche. Il lui apparaît essentiel de rétablir le dialogue avec tous les Etats, sans conditions préalables. Il se dit notamment prêt à rencontrer Mahmoud Ahmadinejad ou Hugo Chavez dès la première année de son mandat. (5) Obama voit l’Europe et le Japon comme des alliés,
la Chine comme un concurrent, non un ennemi. Ce diplômé en sciences politiques et relations internationales de l’université de Columbia a écrit une thèse sur les relations Nord-Sud et est adepte du soft power et du multilatéralisme : il désire renforcer l’OTAN et fait de la lutte contre la pauvreté dans le monde l’une de ses priorités. Le sénateur de l’Illinois souhaite investir 150 millions de dollars en dix ans pour encourager le recours aux biocarburants et promouvoir les énergies renouvelables ; il aimerait aussi réunir les dirigeants des Etats plus gros consommateurs d’énergie pour aborder les questions liées à l’environnement. Sans être isolationniste, il ne voit pas la guerre comme une solution de premier recours. Cinq mois avant le début de l’intervention en Irak, il justifiait déjà son opposition à celle-ci : “Je ne suis pas opposé à toutes les guerres. Ce à quoi je suis opposé, c’est à une guerre stupide.” S’il est élu, Obama se donne 16 mois pour faire rentrer l’ensemble des troupes américaines d’Irak. Une proposition que certains jugent irréaliste… 
L’arrivée d’un Barack Obama à
la Maison Blanche impulsera une nouvelle dynamique aux relations euro-américaines mais aussi intra-européennes.
La relation à entretenir avec les Etats-Unis est une des principales pommes de discorde entre membres de l’UE. Si les Etats-Unis adoptent des positions plus modérées à l’international, s’ils se tournent vers un mode de fonctionnement plus multilatéral, le consensus autour de leurs actions sera plus évident. L’UE n’en sera que fortifiée. Obama souhaite rencontrer rapidement Angela Merkel, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy. Il connaît déjà le président français et tient à son propos un discours élogieux : “C’est un homme énergique, avec beaucoup de talent. Je suis impressionné par sa façon de regarder les problèmes spécifiques à
la France avec un regard neuf.”
(6) Si les votes de Barack Obama font de lui le sénateur le plus à gauche du congrès, certaines de ses positions peuvent néanmoins paraître assez conservatrices à un Français. Il a ainsi voté en faveur de l’érection d’un mur le long de la frontière mexicaine en 2006. Il considère par ailleurs que l’autodéfense prônée par Israël est parfaitement légitime.
(1) Lors des primaires démocrates, en Louisiane Barack Obama a reçu 57 % des suffrages contre 36 % pour Hillary Clinton, en Alabama 56 % des suffrages contre 42 % pour Clinton, en Georgie 66 % contre 31 % pour Clinton et dans le Mississippi 61 % contre 37 % pour l’ex-première dame.
(2) Enquête effectuée dans 28 pays auprès de 58.000 personnes in
Marianne du 24 au 30 mai 2008.
(3) Puissance douce, capacité d’influencer d’autres acteurs des relations internationales par des moyens non coercitifs.
(4)
‘Aux antipodes du style Bush’ in The New York Times Magazine, James Traub.
(5)
“Notre persistance à mettre des conditions à des discussions avec des interlocuteurs qui nous sont hostiles est précisément ce qui nous fait perdre la bataille de l’image dans le monde : cela donne à penser que les Etats-Unis sont une puissance supérieure et que les autres Etats doivent accéder à nos demandes pour que nous daignons les rencontrer. Cela renforce l’image d’arrogance des Etats-Unis dans le monde, ce qui est très néfaste - et porte atteinte à notre sécurité.” Barack Obama in ‘Du bon sens à défaut d’expérience’ in The Washington Post, Dan Balz.
(6) Barack Obama in
Paris Match, janvier 2008. 

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L’Assemblée nationale fait sa crise financière !

novembre 4th, 2008 by videodile

De mauvais placements en travaux coûteux,
la Cour des comptes a passé à la moulinette la gestion de l’Assemblée nationale, à la demande de son président, Bernard Accoyer. Celui-ci avait gardé le rapport sous le coude, mais il a malencontreusement fuité dans la presse.
 

Quand Sarkozy s’augmente de 172% en un an, l’Assemblée nationale ne gonfle son budget que de 47% en dix ans… et c’est déjà énorme. Alors que le budget 2009 de la chambre doit être discuté vendredi 7 novembre, le Journal du dimanche s’est procuré un document confidentiel que Bernard Accoyer gardait sous le coude depuis quelques mois : un rapport de
la Cour des comptes qui éreinte lourdement la gestion du Palais Bourbon. Réalisé entre janvier et mars dernier à la demande du président de l’Assemblée, ce texte pointe une augmentation du budget de 47% en dix ans, soit 30% de plus que l’inflation et 10 de mieux que le budget de l’Etat !  

Mauvais placements, mauvais logiciels et mauvais achats
« Aucune malversation n’a été constatée », se défendait Bernard Accoyer dans le JDD. Vu les errements de la gestion, encore heureux : sur les 506 millions d’euros du budget, la politique de placement des 302 millions de la cagnotte aurait causé 1,8 million d’euros de pertes ! Mêmes approximations sur les assurances, locations de parkings et frais d’hébergement, qui auraient amené 1 millions d’euros de dépenses inutiles en 2007, notamment du fait de chambres d’hôtel réservées… et jamais annulées en cas de désistement ! Même les services de la paie ne disposeraient pas d’un logiciel fonctionnel, malgré les 4,3 millions investis en 2003 pour en acheter un ! Sans parler des travaux de rénovation interminables des bureaux parlementaires de la rue de l’Université et de la rue Saint-Dominique, dont le coût final dépassera les 125 millions, soit deux fois le budget prévu.  

Une des administrations les plus chères de France… et d’Europe ?
Non seulement les frais de fonctionnement de l’Assemblée nationale ont connu une augmentation considérable mais en plus ils se révèlent selon le rapport bien supérieurs à ceux des administrations françaises. Les rémunérations y seraient 75 à 150% plus importantes et les indemnités représenteraient 58% des traitements bruts. Et encore,
la Cour n’a pas poussé l’examen au delà des services administratifs, de peur d’égratigner les élus !

Au total, les frais de personnel représentent 25% du budget, un record en Europe :
la Chambre des communes britanniques ne mobilise que 12% de sa cagnotte pour ce poste et le Bundestag 10 à 12% de la sienne.  

Accoyer obligé d’agir
Un peu honteux de la sortie de ce rapport, le président du l’Assemblée promet dans le JDD d’agir : « J’ai réuni les questeurs pour leur en transmettre le contenu. Nous devons rencontrer les magistrats de
la Cour afin de mettre en place rapidement leurs préconisations. » S’étant posé en chantre de l’orthodoxie budgétaire, Bernard Accoyer a vu en un article de presse disparaître le bénéfice politique qu’il avait tiré de sa promesse de ne pas augmenter le budget de la chambre de 3,89% en 2009.

Après le rapport du député socialiste René Dosière sur l’augmentation de 11,45% du budget de l’Elysée, cette nouvelle affaire n’est pas pour redorer la réputation d’une majorité qui avait fait de la réduction des déficits « l’axe majeur » de sa politique.

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Bankthon : vos banquiers sont ruinés, aidez les !

novembre 4th, 2008 by videodile

Par solidarité envers les banques en panne de liquidités, le site Bankthon propose de verser quelques milliards à la banque de votre choix et de les assortir des promesses de dons les plus loufoques.

L’hiver approche, la crise est là et vos banquiers n’auront peut-être même pas de quoi spéculer jusqu’au printemps ! Pour lutter contre cette terrible injustice, les plus généreux contribuables peuvent déposer leurs promesses de dons sur le site Bankthon dont le slogan « Ensemble partageons les pertes» est plus que d’actualité.

Jérôme Kerviel verse 5 milliards à SG à titre de « remboursement »
Sous forme d’un formulaire en ligne, le site vous propose de donner la somme de votre choix à votre banque préférée ou à « Nicolas, président du pouvoir d’achat », en motivant votre enveloppe à votre goût. Un certain « Jérôme Kerviel » a déjà versé la modique somme de 5 milliards à
la Société générale : « Comme convenu je vous rend les quelques euros que je vous ai emprunté l’année dernière »; tandis que Pauvre Cerise s’est fendue d’un chèque de 750 milliards à Nicolas « pour changer sa voiture chaque fois que la pub passe à la télé. Chaque promesse peut être notée, donnant lieu à un classement des dons les plus appréciés des internautes.

Au total, ce sont plus de 19 000 milliards qui ont été promis à la quinzaine de banques proposées, avec un record à 11 000 milliards pour le seul Crédit agricole et près de 4 000 pour le président de
la République. Apprendre à dépenser de l’argent qu’on n’a pas pour rassurer les investisseurs, voilà une belle leçon d’économie financière !

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Le président et la photocopieuse

novembre 1st, 2008 by videodile

« Allô ? Ici le président de
la République, je vous écoute. – C’est Claude Guéant, monsieur le président. – Ah, bonsoir, Claude. Qu’est-ce qui amène ? – La photocopieuse, monsieur le président. – Comment ça, la photocopieuse ? Qu’est-ce qu’elle a, la photocopieuse ? – Elle est en panne, monsieur le président. Voilà ce qu’elle a. – Et alors ? Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? – Eh bien, j’en ai parlé avec Henri Guaino, monsieur le président. Qui m’a conseillé d’appeler Christine Lagarde. Ce que j’ai fait, naturellement. Après avoir contacté Eric Woerth. Qui était justement en grande discussion budgétaire avec Xavier Bertrand, à qui il a soumis le problème. Tous les avis convergent, monsieur le président : vous êtes le seul à pouvoir réparer la photocopieuse. – Moi ? Réparer la photocopieuse ? – Pas vous directement, bien entendu, monsieur le président. Nous avons pensé qu’un problème de cette importance avait vocation à être traité par vous, personnellement. Qui d’autre est en mesure d’obtenir qu’un technicien intervienne un dimanche soir, à 23 h 30 ? Il n’y a que vous. – Attendez, Claude. Vous trouvez que je n’ai pas assez de boulot ? Sauver les banques, rénover le capitalisme, combattre les paradis fiscaux, niquer les socialistes, gouverner l’Europe et bientôt le monde entier… Et vous voudriez que je trouve le temps de m’occuper de la photocopieuse ? – Mais justement, monsieur le président ! Justement ! L’expérience prouve que si vous ne vous occupez pas de tout, rien ne marche ! Sans vous, c’est la catastrophe, la débâcle, la chienlit, l’hallali… Alors, pour la photocopieuse… 

- N’en faîtes pas trop, Claude. On croirait entendre mon cireur de pompes préféré, Frédéric Lefevbre… Cela dit, je suis bien obligé de reconnaître que vous avez raison. Heureusement que je suis là ! Je me demande si les Français se rendent bien compte de la chance qu’ils ont… Le monde entier les envie d’avoir un président aussi déterminé, aussi volontaire, aussi brillant, aussi doué – et ils font la fine bouche. J’ai pas raison, Claude ? – Mais si, monsieur le président. Vous avez mille fois raison. A part de Gaulle et Napoléon, je ne vois pas qui a autant fait pour le prestige de
la France ! – Napoléon Ier ou Napoléon III ? – Euh… les deux, monsieur le président ! Les deux ! Et justement, pour la photocopieuse… - Parce que moi, je vais réussir là où ils ont tous les deux échoué, Claude ! Empereur de
la France, empereur de l’Europe, empereur du monde ! J’ai pas raison ? – Si, monsieur le président. Et empereur de la photocopieuse ! – Plaît-il ? – Je rigole, monsieur le président. Je rigole ! Quoique, justement… - Vous avez vu comment je nique les socialistes, Claude ? Vous avez vu ? Plus socialiste que moi, tu meurs ! C’est pas digne de Napoléon, ça ? D’autant plus que ça ne me coûte pas cher ! Des mots, encore des mots, toujours des mots, comme chantait Sheila… - Dalida, monsieur le président. Dalida. – Dalida ? Vous êtes sûr ? Bon, peu importe. Ce qui compte, c’est ce que je dis, non ? C’est que j’aie raison, non ? 

- Absolument, monsieur le président. Vous avez toujours raison d’avoir raison – enfin, je veux dire… Absolument ! – c’est comme les emplois aidés ! Qu’est-ce qu’ils ont à venir m’embêter avec ça, les socialistes ? Je fais ce que je veux. Je dis ce que je veux. Je nique qui je veux. Et toc ! – Et toc, monsieur le président. Absolument. A part ça, puisqu’on en parle, la photocopieuse… - C’est comme les autres, là, tous ces nains, les Copé, les Laporte, les Borloo, les Lagarde, les Morin, les Boutin… Ils ne font que des conneries ! Il faut tout leur dire ! Mais ils ne perdent rien pour attendre. Claude, je vous le garantis ! On parlait de quoi, au fait ? – De la photocopieuse, monsieur le président. Qui est en panne. – Bon, voilà ce qu’on va faire, Claude. D’abord, je vais porter plainte. – Contre la photocopieuse, monsieur le président ? – Mais non, Claude ! Vous allez me faire douter de votre intelligence ! Contre le fabricant de la photocopieuse, voilà contre qui. C’est un scandale que la photocopieuse du président de
la République française tombe en panne un dimanche soir à 23 h 30 ! C’est intolérable ! C’est inacceptable ! C’est une atteinte à mon honneur ! A mon image ! A ma grandeur ! A l’avenir du monde ! Je vais porter plainte, Claude. Tout de suite. Appelez-moi Rachida ! 

- Euh… Je crains que ce ne soit pas possible, monsieur le président. - Comment ça, pas possible ? Tout ce que je veux est possible, point final ! – Elle est en repérages à la maternité, avec les photographes de Paris Match. En prévision du jour J. – Et voilà, qu’est-ce que je vous disais ? Il faut que je fasse tout moi-même ! La ministre de
la Justice n’est même pas là pour porter plainte contre le fabriquant de la photocopieuse du président du monde ! C’est intolérable ! Au fait, elle est en panne depuis combien de temps ? – Dix minutes, monsieur le président. – Dix minutes sans photocopieuse, alors que j’essaie de sauver les banques, de sauver les emplois, de sauver le capitalisme et de niquer les socialistes ! Ah, elle va être gratinée ma plainte ! Dix millions d’euros par minute de perdus ! Au fait, elle vient d’où cette photocopieuse ? – Du Japon, monsieur le président. C’est une photocopieuse japonaise. – De mieux en mieux ! Eh bien on va rompre nos relations diplomatiques avec le Japon ! Immédiatement ! En plus de la plainte. Appelez-moi Kouchner ! 

- Je crains que ce ne soit pas possible, monsieur le président. Il est en Afghanistan. – Qu’est-ce qu’il fait en Afghanistan ? Ils ont des problèmes de photocopieuse, en Afghanistan ? Première nouvelle ! Il faudrait tout de même qu’il apprenne à hiérarchiser les urgences, Kouchner ! Allez hop, viré ! Je signe tout de suite sa démission ! Vous me ferez une photocopie !- Ben justement, monsieur le président… »

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Prends l’oseille et tire-toi !

octobre 30th, 2008 by videodile

Malgré leurs dénégations offusquées les six grands réseaux français (BNP, Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel, Caisses d’épargne, Banques populaires) se sont rués pour se partager les 10 milliards d’euros que le gouvernement a mis aimablement à leur disposition. Dix milliards qui ne donneront aucun pouvoir à Christine Lagarde et au ministère des Finances. Car l’Etat va souscrire non pas des actions, mais des “titres subordonnés”. Cet argent produira un intérêt, mais ne procurera aucun droit de regard de la puissance publique sur la gestion des établissements bancaires. Dans leurs rêves les plus fous les banquiers n’en espéraient pas autant. D’ailleurs la direction de BNP Paribas, qui a obtenu 2,55 milliard d’euros, plastronne : “Cette émission ne diluera pas les actionnaires et n’aura aucune conséquence sur la gouvernance de la BNP Paribas et sa politique de dividende.”

Mieux, la BNP choisira de rembourser ou non, le principal de l’emprunt, puisque l’émission d’obligation est “à durée indéterminée” ! Autant dire avec clarté : actionnaires et dirigeants des banques prennent l’oseille et se tirent…

Pourtant Christine Lagarde avait juré que cet argent public aurait des contreparties, comme l’obligation de respecter le code de déontologie du Medef. Interrogée, la BNP répond que le DG de la banque, Baudouin Prot, s’exécutera lors du renouvellement de son mandat… en 2011. Son homologue de la Société générale, Frédéric Oudéa se conformera à cette obligation “à une date non déterminée” ! On est loin du volontarisme affiché par les gouvernements allemands ou néerlandais.

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Jour de krach à Titanic City

octobre 30th, 2008 by videodile

Qui a envoyé le navire sur l’iceberg ? Ces traders et autres soutiers des grandes banques, nez collé aux écrans de la salle des machines ? Visite incognito.

Londres, octobre noir. En s’approchant du coeur de la City, on a l’impression de traverser une zone irradiée. Rien n’a l’air d’aller mal, alors que tout va de travers. Première Bourse européenne, deuxième marché de la planète pour la gestion des actifs, troisième pour les assurances, la capitale britannique prend l’eau. La veille, les marchés ont encore dévissé. Les banques ne se font plus confiance, ne se prêtent plus un radis, du coup, elles sont en panne de liquidités. Elles vendent leurs ­actifs sains, mais les investisseurs n’achètent pas et les cours tombent comme des mouches sur une toile cirée. Dans la City, les cravates sont en berne. Les clubs de strip-tease prisés des golden boys sont au ­chômage technique. Une bruine collante amidonne les visages ­chiffonnés.Voilà l’immeuble de l’une des plus puissantes banques d’investissement au monde. Appelons-la la banque X. Aucun intrus ne peut y pénétrer. L’heure est à la paranoïa. Si le marché apprend qu’une fourmi s’est léché les antennes, il est capable de s’effondrer encore. A l’entrée, une armoire à glace barre le passage. On a rendez-vous avec monsieur K. L’armoire opine du tiroir. Toutes griffes manucurées dehors, une bordée d’hôtesses nous accueille. L’architecture du bâtiment, lissée de matériaux nobles et cossus, donne une impression de quiétude.Des pas, un bruit de badge, des Weston, monsieur K est là. Petit, rond, nerveux. Pas ravi de nous voir. Il risque sa place. Nous demande d’être discrète, de ne prendre aucune note, de ne parler à personne : « Il n’y a que les clients qui entrent dans la salle des marchés. Et vous n’avez pas une tête de client. » On lui parle de l’architecture : « Un truc de banquier, dit K. Toujours inspirer la confiance aux clients. »Direction : la salle des machines du Titanic. C’est ici, deux étages plus haut. Hier encore, des traders en herbe vendaient père et mère pour entrer dans ce temple. Aujourd’hui, ceux qui travaillent serrent les fesses. En avril, le Centre for economics and business research prévoyait 20 000 suppressions de postes. On parle maintenant de 100 000 licenciements à la City. K fait la gueule. On le comprend.La salle des marchés de la banque X est immense. Ici, plus de cinq cents cerveaux sont punaisés sur des milliers d’écrans criblés d’informations : ils font gicler des millions de dollars d’un clic de souris, l’oeil collé à l’indice chéri des investisseurs, le Standard & Poor’s (S&P), qui suit 500 valeurs américaines et fluctue à cet instant à peine au-dessus des 1 000 points. On s’attendait à découvrir une ambiance survoltée, des types hystériques qui se pendent à leur cravate pour sauver ce qui peut l’être. C’est un silence ouaté qui prédomine, un silence impressionnant pour une salle aussi vaste, un silence de cathédrale libérale qui vient de découvrir que le dieu autorégulation n’existe pas : « La motivation est en chute libre, souffle K. Les gens ont peur. Depuis la chute de Lehman Brothers, chacun a pris conscience du risque. Quand c’est arrivé, l’ambiance était étrange. On avait l’impression que la salle était vide. En fait, tout le monde regardait religieusement la courbe de l’indice de la banque sur ses écrans. Quand ça s’écroule, tu perds tout, ton job, ton épargne, ta vie. » On n’ira pas jusqu’à pleurer le sort de ces golden boys, mais l’empilement horizontal de ces mines déconfites d’esclaves millionnaires en sursis suggère une certaine forme de compassion.Conversation surréaliste entre un spécialiste des marchés dérivés et un analyste, saisie entre mille écrans truffés de mauvaises nouvelles : « Tu sais faire autre chose à part bosser sur les marchés ? - Euh, je sais faire du surf. Et pêcher au harpon aussi. - Hum, tu pourras financer ton équipement de plongée ? - Pas sûr. » K croise un trader qui l’interpelle : une banque concurrente vient de voir sa valeur chuter brutalement. Personne ne se réjouit : « On est comme les manchots en Antarctique, explique K. On essaie de survivre ensemble. Si l’un tombe, l’autre suivra. » Sur eBay, leurs anciens collègues de Lehman ont mis en vente des objets dérisoires au sceau de la marque ­défunte : kit d’évacuation, badge, stylo. Ici, on en rit jaune.K est vendeur. En anglais, un sale. Un type qui a du bagout, entretient les liens avec le client, l’invite au resto et l’emmène guincher. « On doit charmer le client pour le pousser à acheter, comme un vendeur de chaussures. » Le client ? De grandes entreprises, des hedge funds (fonds d’investissement agressifs), des ­assurances. Pas de particuliers à la banque X, sauf quelques grandes fortunes. K revient à son bureau, se penche sur ses écrans : « Ça va toujours aussi mal. L’Islande est au bord de la faillite. Le Mexique n’en est pas loin non plus. » Quand est-ce que la chute va cesser ? « On n’en sait plus rien. D’habitude les annonces gouvernementales calment les marchés. Mais en ce moment, rien ne marche. Le marché est irrationnel. » Le lendemain de notre visite, six banques centrales décideront d’abaisser leur taux directeur, provoquant, fait rarissime, les applaudissements dans la salle des marchés de la banque X. Le sursaut durera une heure, avant que les Bourses ne rechutent.A gauche et à droite de K, une bordée d’autres sales occupés à draguer des clients froids. Devant eux, des traders, de la sous-espèce des market makers. Sous leur costume griffé, ce sont les soutiers de la finance, les OS de la banque. Rappelons un principe de base : toute vente doit être équilibrée par un achat, et réciproquement, pour couvrir les risques. Ces market makers sont là pour ça : « Ce sont des pros de la console de jeux, chuchote K. Leur boulot consiste à ne jamais paniquer, à ne rien faire pendant des heures puis à réagir très vite à des ordres d’achat ou de vente de l’ordre de 15 millions d’euros et à couvrir les risques de la banque en quelques secondes. Ils brassent des milliards, sont excellents en calcul mental. Leur horizon se limite aux trois prochaines minutes. Ils seront un jour remplacés par des robots. »Sur l’un des écrans de télé accrochés aux murs, un journaliste de la BBC est au micro. Il s’appelle Robert Peston. K lui jette un oeil noir. Peston aligne scoop sur scoop depuis le début de la crise. Dans son blog, hier, il a raconté que quatre grandes banques anglaises avaient demandé au gouvernement de s’investir dans leur capital. « Du coup, aujourd’hui, HBOS,
la Royal Bank of Scotland, la Bank of England et la Barclays s’effondrent ! » râle K (elles perdront 17 millions de livres dans cette seule journée avant d’être ­nationalisées le lendemain).Derrière K, des têtes se retournent et replongent aussitôt dans leur soupe aux données : des analystes, censés prévenir ce qui va se passer. En temps de crise, ils ne voient pas leur propre nez. Les modèles mathématiques ne servent à rien en conditions extrêmes. De toute façon, « ils ne sont pas toujours écoutés, sauf quand l’iceberg dont ils avaient signalé la présence depuis des mois a finalement déchiré la coque du navire ». Plus loin, les « structureurs », spécialisés dans les complexes produits dérivés : « Des grosses têtes, ils viennent presque tous des grandes écoles françaises », siffle K. On opine. Encore plus loin, enfin, l’aristocratie de la salle, ceux que Jérôme Kerviel voulait imiter : les prop traders. Ils spéculent avec les fonds propres de la banque : « Des esprits analytiques qui voient loin. Comme au casino, ils utilisent des martingales, rejouent à la hausse des actions qui les ont déjà fait perdre. » Ils gagnent des sommes faramineuses, mais leurs fauteuils sont bourrés de nitroglycérine : « 60 % d’entre eux finissent par se planter et sont virés illico. » Selon K, les traders ont le cerveau branché en permanence sur un mode « probabilistique ». Le soir, pour se détendre, ils jouent au poker. Avec leur argent.Quel joueur, dans cette salle, est responsable de la crise ? « Tous les gens que vous voyez ne sont que les petites mains, répond K. Le choix de transformer des crédits en produits financiers complexes a été pris à un niveau supérieur. » Avant de partir, sur un bureau, on remarque un livre, The Black Swan, écrit par Nassim Nicholas Taleb (1), sorti il y a quinze jours en France. Cet économiste défend la thèse selon laquelle les événements les plus improbables finissent toujours par arriver. Ironiquement, cet essai, qui fait la nique aux modèles mathématiques des marchés, a fait fureur chez les banquiers. K prévoit de l’acheter. En attendant, il vérifie ses écrans : tous les indices sont au rouge. Le S&P vient de passer sous la barre des 1 000 points. K grimace : « Je pense que je vais bientôt partir à la campagne cultiver des légumes. ». 

(1) Best-seller mondial vendu à 700 000 exemplaires, Le Cygne noir, La puissance de l’imprévisible, éd. Les Belles Lettres, 496 p., 23 euros. 

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