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Il ne dit pas la vérité

octobre 22nd, 2008 by videodile

Sarkozy a bien joué. Au moins en apparence. Dans cette période agitée, grâce à son activisme, il a capté toute la lumière. Aux prix de quelques mensonges qui vont être coûteux. 

Bravo l’artiste 

Nicolas Sarkozy plus fort que George Bush et Henry Paulson réunis ! A lire les médias subjugués,
la France, grâce à son Président à son président de
la République, vient de sauver le monde. A lui tout seul, il a, en quelques jours et quelques nuits, garanti l’épargne des ménages affolés, recréé une vraie Europe, rassuré momentanément une Bourse paniquée, tout en trouvant le temps d’aller expliquer aux Américains comment il faut refonder le capitalisme. 

Ce conte de fées n’existe qu’en version française. Car les médias anglais expliquent, de leur côté, que la solution qui a calmé les marchés est venue de Gordon Brown et de son idée de garantir les échanges bancaires. Les médias espagnols insistent sur le rôle de José Luis Zapatero réclamant la concertation des pays de l’Eurogroupe. Les médias allemands, eux, soulignent plutôt le poids décisif de l’engagement d’Angela Merkel. Reconnaissons qu’il y a là un peu d’injustice : si bien des médias français qui se ridiculisent dans le culte du sauveur suprême, il faut admettre le rôle particulier de Nicolas Sarkozy dans l‘adoption du plan européen qui a mis un terme provisoire à la grande panique. 

Mais, s’il a su utiliser au mieux ses prérogatives de président intérimaire de l’Union, ce n’est pas grâce à son énergie et à son volontarisme sans limite vantés à longueur de colonne qu’à sa sidérante capacité d’adaptation. Sa facilité à dire un jour le contraire de ce qu’il disait hier. C’est elle qui lui a permis de prendre de vitesse tous ces chefs d’Etat assommés par le désastre d’un ultralibéralisme que la plupart – tout comme Nicolas Sarkozy avait encouragé. Mais eux, ce grand virage étatiste, cela les inhibe un peu. Pas Nicolas Sarkozy. Le président français a su tout de suite changer de discours et en a fait des tonnes. La toute-confiance dans les marchés, qu’il encourageait hier ? Une « idée folle » ! L’immobilisme d’Angela Merkel, principal obstacle à une réaction collective ? Il en a fait le maximum pour la dégeler en ressuscitant dans l’instant l’entente franco-allemande qu’il avait hier remisée avec mépris dans le grenier de la « diplomatie de papa ». La découverte tardive, par Angela Merkel, de l’état de déconfiture des banques dont elle était si fière a facilité la réconciliation… Cette agilité à changer de discours, de position, de décision a permis à Nicolas Sarkozy de réagir plus vite que ses collègues, un temps tétanisés par la violence de la tempête. Ou peut-être par la mauvaise conscience… Celle-ci n’embarrasse pas Nicolas Sarkozy, qui leur a répété qu’il ne fallait pas « rester enfermé dans une doctrine qui aurait la rigidité d’une religion. » Lui aussi fut, comme eux, un fanatique de la dérégulation, un forcené de la privatisation. Mais il l’a déjà oublié : l’apôtre de la modernité économique américain prône aujourd’hui avec la même conviction le retour aux principes ringards des années 60 soumettant les banques commerciales aux banques centrales. Ces grands banquiers, dont il cherchait hier à côtoyer la toute-puissance, ne lui inspirent plus que le mépris depuis qu’il les a vus, désemparés, venir implorer son aide : ce sont désormais des perdants à sa merci, malgré leur « Bac + 24). 

Un détail cocasse souligne la fragilité de ce retournement : si le gouvernement peut aujourd’hui insister sur la relative bonne tenue du marché immobilier français par rapport aux désastres américain et espagnol, c’est parce que les banques françaises, il y a quelques années, ont refusé de suivre Nicolas Sarkozy, qui, alors ministre de l’Economie, les incitait à développer sur le modèle américain les prêts hypothécaires pour que tout le monde soit propriétaire. 

Ce talent particulier qu’à Nicolas Sarkozy d’en dire plus que les autres, de reconnaître avec plus de faciliter –ou de légèreté- la vérité du moment, fût-elle l’inverse de celle qu’il professait hier, d’en désigner sans hésitation les responsables, fussent-ils ses alliés d’hier, ne constitue pas un gage de maîtrise de l’événement. Il a surtout été le plus rapide dans cette course à l’écopage, allant d’échec en échec et rameutant un G4, puis G7, G27, Eurogroupe, jusqu’à l’accalmie après le ralliement déterminant de Gordon Brown et la décision commune des Etats de garantir 1 700 milliards d’euros pour assurer les échanges bancaires. Seule certitude : les marchés sont provisoirement rassurés par le sceau public des Etats réunis. Pour le reste, Nicolas Sarkozy n’a rien dit de cette impuissance des élites politiques européennes. Rien dit de cette incertitude qui continue de tenailler quant à l’ampleur réelle du sinistre bancaire que tout le monde ignore. Rien dit des conséquences à venir en termes de récession. C’est facile, il est seul sur scène : pas de Parlement, pas d’opposition. 

Alors qu’aux Etats-Unis responsables bancaires et politiques sont éreintées par une presse déchaînée, une commission parlementaire qui auditionne à tour de bras et une justice qui enquête, ici ne règne que le verbe élyséen qui a réussi le prodige de dépasser le PS sur sa gauche. Ce qui n’était pas non très difficile, la conversion néolibérale du Parti socialiste ayant conduit le gouvernement Jospin à privatiser davantage que la droite et nombre des cadres socialistes (Martine Aubry, Jean-Paul Huchon, Jean Glavany, Henri Nallet, Frédérique Bredin, Christian Perret, Hubert Védrine) à pantoufler à un moment ou à un autre auprès du grand patronnat. Muets, car passant leur temps à se surveiller les uns les autres, les grands stratèges du PS se sont ainsi fait piéger par l’appel à « l’unité nationale » face à la crise bancaire, dont ils n’ont trouvé comme issue que leur pitoyable abstention à l’Assemblée nationale lors du vote sur le plan de sauvegarde bancaire. Le capitalisme européen connaît l’une de ses plus graves crises, et la gauche n’a rien à dire… Hors sujet avant le congrès de Reims ! 

Il y avait pourtant de quoi s’exprimer. De quoi interroger le président, qi en a dit si peu, même s’il en a dit plus que les autres. « On ne rétablira pas la confiance en mentant. On rétablira la confiance en disant la vérité » a-t-il déclaré. « Mentir, c’est la seule façon d’éviter une panique », précise de son côté un conseiller de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde. Or, Nicolas Sarkozy, qui prône la vérité, a beaucoup menti, au moins par omission, et son gouvernement encore plus. Sur l’origine de cette masse d’argent, sortie d’un chapeau en quelques heures, sur son usage et sur son contrôle. Sur tous les coups foireux qui se préparent sur le dos de la crise. Sur le scandale moral de l’impunité dont vont bénéficier ceux qui se sont enrichis en provoquant le désastre. Et surtout sur la crise économique à venir et ses conséquences en termes de chômage, de salaires et d’impôts. Avec toujours les mêmes pour payer l’addition. 

D’où viennent ces milliards ? 

Les caisses étaient « vides », l’Etat était « en faillite » - on se souvient que le gouvernement a failli renoncer au RSA parce qu’il ne trouvait pas 1,5 milliard pour le financer –, mais en un seul week-end, le président de
la République a trouvé 360 milliards d’euros ! D’où une telle masse monétaire peut-elle bien provenir ? Explication technique : les marchés qui ne veulent plus prêter vont prêter à l’Etat parce qu’il est le dernier à inspirer encore confiance. Du grand équilibrisme : on sauve le système financier en lui prêtant de l’argent qu’on lui emprunte. Mais rassurez-vous citoyens, pas un euro sera perdu, nous assure Christine Lagarde. Un très haut fonctionnaire ne fait pas du tout la même analyse : « L’Etat va d’abord emprunter 40 milliards d’euros pour recapitaliser nos établissements de crédit ou d’assurances. Cette somme viendra s’ajouter à la dette publique » avoue-t-il. Laquelle passera donc de 64,5 % à 66,5 % du produit intérieur brut (PIB). Qui payera ? « On revendra les actions plus tard » ? affirme Mme Lagarde. Oui, si tout va bien. Sinon, les enfants de nos enfants paieront encore l’addition. 

Comme cela ne suffirait pas à rassurer les « marchés financiers », qui, dans cette histoire, ne sont autres que les banquiers eux-mêmes, l’Etat va aussi prêter aux banques de quoi travailler, soit 320 milliards d’euros. Une somme considérable qui correspond, selon François Fillon, aux deux tiers du crédit interbancaire français : l’Etat est ainsi devenu la banque des banques. Et il assume les risques à leur place. Si une banque vient à faire défaut, ce seront bien les contribuables qui se chargeront de l’addition. 

« Le contribuable », c’est le mot que le gouvernement n’a pas osé prononcer. C’est pourtant lui qui assure cette immense société de caution mutuelle que l’on vient de constituer. « Il paiera deux fois : comme caution et comme client de la banque », râle le sénateur UMP de l’Orne Alain Lambert. Les épargnants, à qui l’on n’a pas demandé leur avis, sont aussi mis à contribution : les livrets de développement durable et, surtout, les livrets d’épargne populaire, ceux des ménages modestes, peu ou non imposables sur le revenu, ont été réquisitionnés pour 17 milliards, dont 9 viennent d’être mis à la disposition des PME. 

Maintenant, c’est l’économie réelle qui va souffrir 

Accaparés par les problèmes – réels – des banquiers, les gouvernements n’ont pas anticipé l’évolution de la crise. Depuis six mois, la récession se propage de pays en pays.
La Grande-Bretagne a admis la présence de la maladie.
La France, elle, toujours pas ! Signe d’un pouvoir désemparé. Eric Woerth multiplie les propos contradictoires. Un jour, il admet qu’une « récession technique » ; le lendemain, il évoque « une crise d’une profondeur et d’un niveau comparable à celle de 1929 ». Quand dit-il vrai ? Les professionnels, eux, se montrent plus précis. Laurence Parisot supplie les banquiers : « Ne jouez pas perdant-perdant ». Car la rétention du crédit provoque une asphyxie sans équivalent depuis 1993, qui atteint même les grosses entreprises. Le 16 octobre, en pleine chute des marchés boursiers, un grand groupe de matériaux de construction a fait passer le message par mail à ses cadres : « Coupez tout. » « Cela signifie que nous devons suspendre toutes les dépenses, des plus grandes aux plus petites, quelle que soit l’urgence », explique l’un d’entre eux. Peu avant, un de se amis, dans l’aéronautique, a aussi été informé de la nécessité de « garder le cash pour l’entreprise ». Traduction : « On paye le moins possible, on ne commande plus ». Un processus gravissime s’enclenche, qui touche particulièrement les PME. « Les entreprises et les ménages n’ont plus qu’une idée : se désendetter », commente Eric Heyer, directeur des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).De nombreux économistes évoquent, en privé, la possibilité d’un « 1929 rampant » ; « Il faut se souvenir que l’on n’a compris l’ampleur de

la Grande Dépression qui n’avait vu le PIB des grandes nations plonger de 30 % que deux années plus tard ! », suggère l’un deux. Mais comme personne ne veut être le prophète du malheur, l’Insee, comme
la Banque de France, n’évoque pour l’heure qu’un scénario de récession limité, en 2008 et en 2009. Les statisticiens pourraient se tromper… « On rentre dans la crise », a déclaré François Roubaud, président de

la CGPME. Il suffit de passer la porte d’un concessionnaire automobile pour le comprendre. Le vendeur avoue que son magasin a vu disparaître les clients : « Les visites ont baissé des deux tiers ce mois-ci ». Serge Maître, président de l’Association des usagers des banques, a fait son enquête : « Les taux d’impayés à Cetelem ont été multiplié par 10. Et chez Heuler, un assureur de crédit, le nombre des dossiers a crû de 600 % en une semaine ! » Conclusion simple, mais dramatique : « C’est le signe que les gens n’ont plus d’argent. »

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Jacques Mesrine

octobre 22nd, 2008 by videodile

Une bio musclée en deux parties, s’attaque à l’ennemi public n° 1, Mesrine. Dans la peau du bandit, un époustouflant Vincent Cassel.  C’est l’événement de la rentrée ! Après 7 ans de préparation et avec 45 millions d’euros de budget, le biopic en deux parties sur Mesrine – L’instinct de mort (sortie le 22 octobre) et L’Ennemi public n° 1 (sortie le 19 novembre) – sort enfin en salle. A l’origine de ces deux films retraçant son parcours – de son retour de la guerre d’Algérie à sa mort en 1979, Porte de Clignancourt sous les balles des hommes du commissaire Broussard – le rêve de gamin du producteur Thomas Langmann. A 11 ans, il découvre l’autobiographie du grand truand, rédigée derrière les barreaux en 1977, et se promet d’en faire un film. Si Jean Paul Belmondo, Michel Audiard ou encore Jean Luc Godard ont échoué dans cette entreprise, le petit Langmann (fils de Claude Berri), lui n’a jamais lâché prise. En 2000, après avoir racheté les droits d’auteur aux enfants de Mesrine, il se met en quête d’un réalisateur. Mathieu Kassovitz, Jacques Audiard ou Gaspar Noé refusent d’être de la partie. Barbet Schroeder est écarté du projet. Sa vision de Mesrine e « superhéros prince des voleurs » a même fait fuir Vincent Cassel, déjà pressenti à l’époque pour le rôle. Jean François Richet hérite du bébé. Avec le scénariste Abdel Raouf Dafri, il réécrit le scénario. Leur mot d’ordre : éviter le côté docu ou une glorification excessive. Vincent Cassel réintègre l’aventure. Pour le reste du casting que du « bankable » : Gérard Depardieu, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin, Cécile de France, Ludivine Sagnier… Mai 2007, premier tour de manivelle. Pour incarner le braqueur aux mille visages, Cassel prend vingt kilos grâce à un régime bière et milk-Shakes à 1 300 calories. Cheveux teints, lentilles marron, travail de la voix : bluffant ! Vu le succès annoncé du diptyque (vendu dans quarante pays dont les USA), pas sûr que l’acteur se déleste de sitôt du poids du hors-la-loi… 

A voir sur France 2 « Faites entrer l’accusé » le 28 octobre

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Une autruche nommée Allègre

octobre 20th, 2008 by videodile

Malgré la récession et la montée du chômage, l’ex-ministre Claude Allègre est formel : “L’économie réelle n’est pas menacée”. Claude Allègre, c’est l’autruche faite homme de science : quand le climat se réchauffe, il ne le voit pas, et, quand l’économie se refroidit, il ne s’en aperçoit pas non plus.

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Autocritique publique

octobre 20th, 2008 by videodile

Belle phrase de Christine Lagarde, ministre de l’Economie : “Nous proposons d’opposer la solidité de l’Etat à la volatilité des marchés”. Jusque-là, Christine Lagarde proposait plutôt d’en finir avec la rigidité de l’Etat pour favoriser la liberté des marchés. C’est fou ce que l’on peut changer !

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Inquiétudes (s)

octobre 20th, 2008 by videodile

Titre lu dans le Parisien, à propos de la crise : “Les plus riches sont les plus inquiets”. Les plus pauvres le sont en permanence, ce qui les prémunit contre les crises cycliques.

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Une PME dynamique

octobre 20th, 2008 by videodile

René Dosière, député PS, révèle qu’en dépit de la récession une entreprise est capable d’embaucher et d’augmenter les salaires. Ainsi, une PME qui compte 98 salariés s’apprête-t-elle à les augmenter de 20 %, après une hausse de 26,7 % l’an dernier. L’entreprise en question, c’est l’Elysée. Son chef, Nicolas Sarkozy, est partisan d’une réduction drastique des dépenses publiques.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

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La marchandisation du monde à la conquête du temps

octobre 17th, 2008 by videodile

Xavier Bertrand, avec sa proposition de favoriser le travail le dimanche suivie de celle d’ouvrir des crèches 7 jours sur 7 vient de relancer le débat sur le temps de travail. Mais cette fois, il ne s’agit plus du travailler plus pour gagner plus, mais d’un nouveau slogan «gagner plus en travaillant hors des horaires normaux de travail» qui pose d’autres questions.

Le «travailler plus pour gagner plus» était critiquable parce qu’il induisait un arbitrage entre les heures supplémentaires et les créations d’emploi pouvant être vecteur de chômage, et surtout parce que ce slogan, s’il est vrai au niveau de l’individu, ne pouvait pas l’être, sauf de manière marginale, au niveau de l’économie toute entière.

Ici, il s’agit bien d’augmenter globalement la quantité de travail en étendant la sphère de l’activité salariée à toutes les plages de temps. Aujourd’hui on parle du dimanche. Bientôt on parlera de la nuit et de services ouverts sept jours sur sept. Plus qu’une question économique, il s’agit d’un choix de civilisation.

Le marché est un redoutable conquérant. Après avoir conquis l’ensemble de la planète et converti quasiment toutes les économies à ses lois, après avoir ramené la sphère publique à la portion congrue, il est désormais à la conquête du temps libre. Le dimanche, le soir, la nuit sont ses nouveaux terrains d’expansion. S’il y a des besoins, il doit y avoir moyen d’y faire du fric !

Sur le plan strictement économique, l’équation n’est pas si évidente.

La proposition s’appliquant essentiellement à l’économie de la consommation, on peut affirmer sans trop de difficultés que ce n’est pas parce que les consommateurs auront plus de temps pour acheter qu’ils auront plus d’argent à dépenser. Il y a donc tout lieu de penser que, globalement, le chiffre d’affaires qui se fera dans les nouveaux espaces temporels se fera au détriment de l’activité sur les temps classiques. Néanmoins, on peut aussi voir dans l’abolition de toutes limites temporelles au temps marchand, une source d’accroissement de l’offre comme de la demande : nouveaux besoins, nouveaux services, nouveaux emplois, nouvelles activités. Le PIB pourrait donc augmenter mécaniquement sans avoir à faire de gains de productivité, comme lorsque le volume de la population active augmente. C’est douteux, mais l’hypothèse se tient. 

Progrès ou régression ?
À supposer que cela soit vrai, l’enjeu est pourtant ailleurs. Il s’agit de savoir si la désynchronisation des temps est un progrès civilisationnel ou une régression.

Notre modèle d’organisation du temps de travail actuel fait que nous travaillons tous en même temps, (exception faite du commerce qui travaille le samedi). A l’âge agricole et industriel, cette synchronisation des temps de travail ne se discutait même pas. Le travail occupait tout le temps disponible. Aujourd’hui, dans nos économies de plus en plus axées sur la consommation et les services, c’est plus délicat. Le temps libre n’est pas seulement consacré au repos, à la famille ou à la religion. Il est l’espace d’expression de l’agent économique numéro un : le consommateur. Et celui-ci demande à ce que les services soient disponibles lorsqu’il en a besoin, entre midi et deux, le soir, le week-end et pourquoi pas la nuit.

Lors des élections municipales, on voit souvent des listes d’allumés qui proposent l’ouverture de crèches de nuit, voire qui promettent une ville ouverte 24 heures sur 24. Comme si ces conventions horaires petites bourgeoises étaient la dernière des oppressions dont il faudrait libérer l’individu. Se lever le matin, manger à midi, se coucher le soir, faire ses courses le samedi, se reposer le dimanche. Tous ensemble, tous pareil, tous en même temps, quelle horreur ! Casser les ultimes codes qui font encore d’une masse d’individus, une société, voilà une attitude révolutionnaire !

Pour justifier leurs drôle d’utopie, ces nouveaux aménageurs du temps se font des adeptes de la pensée zéro. La désynchronisation des temps est une réalité. On n’a pas à juger. Juste s’y adapter : «Puisqu’on propose des emplois à temps décalés aux femmes, il faut ouvrir des crèches le soir et le week-end.» Et les gosses, quand est-ce qu’ils voient leur mère ?

L’ouverture des activités marchandes sept jours sur sept et 24 heures sur 24 est effectivement dans la logique du système. Elle se prévaut d’arguments économiques et répond à une demande sociale, d’autant plus réelle qu’elle est artificiellement suscitée par un effet de domino. Plus les temps sont déstructurés, plus ils appellent de déstructuration.

Un jour, on se souviendra sûrement avec nostalgie de l’époque où les nuits étaient noires et silencieuses, où les dimanches étaient morts où il y avait des heures de pointes parce que tout le monde faisait tout en même temps, où l’on pouvait faire la fête le samedi parce que personne ne travaillait le lendemain, où l’on pouvait prendre une demi journée de RTT pour se débarrasser des formalités et se libérer le week-end. On se dira que c’était le bon vieux temps…

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Dati cernée par ses troupes enragées

octobre 16th, 2008 by videodile

En un an et demi à la Chancellerie, Rachida Dati a réussi à mettre tout le monde d’accord… contre elle. Plus rien ne passe. Elle fait faux bond au congrès de la très sage et modérée Union Syndicale des magistrats ? Voilà l’organisation qui hurle “au mépris”, à la “lâcheté”. D’ordinaire fort obéissant, les directeurs de taules bondées se rebellent aussi. Leur dernière rencontre avec la ministre -uniformes exigés- a tourné au cauchemar. “Elle s’est trompée dans ses fiches, a répondu de côté ! Elle se fout de nous, c’est consternant !” selon les participants, accablés et furieux. D’habitude silencieux, leur syndicat tire maintenant à boulets rouges sur la garde des Sceaux.

Pour une fois tous unis, surveillants et éducateurs boycottent avec fureur toutes les commissions paritaires et fustigent violemment “le tout-carcéral”, “les ordres contradictoires”, “une politique folle et dangereuse”. Le comble de la rage a été atteint après le suicide d’un gamin de 16 ans, le 6 octobre, à la prison de Metz. La procureure ayant -assez légèrement, d’ailleurs- signé l’ordre d’incarcération sans rencontrer le prisonnier a fini en accusée, interrogée pendant des heures et dans la nuit par les services de Dati et sur son ordre. Incohérence ou hallucination ? N’est-ce pas cette même Dati qui a fait voter les lois facilitant la détention des enfants et veut encore durcir les sanctions qui les frappent ? La même qui, quatre jours après ce suicide, réclamait encore publiquement “la plus grande fermeté” envers les jeunes délinquants ? Et se félicitait que l’on puisse, grâce à son oeuvre, leur coller des peines planchers. Comme aux grands ? “Indécence”, ont hué les magistrats. Ou grand-guignol ?

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Betancourt, Prix Nobel de l’après

octobre 16th, 2008 by videodile

A trop regarder du côté de la Vierge, ça devait arriver. Jeudi 9 octobre, Ingrid Betancourt s’est vue Prix Nobel de la paix avant l’heure. Conférence de presse programmée pour le lendemain dans le palace parisien Meurice, interviews télé calés à l’avance, communiqués triomphants « sous embargo » expédiés aux rédactions… : tout était fin prêt pour le grand jour du Seigneur.Déjà en transe, l’un des comités de soutien de l’ex-otage, Agir avec Ingrid, avait expédié un topo aux journaux qui débutait ainsi :« En attribuant le prix Nobel de la paix à Ingrid Betancourt, le comité Nobel a décidé d’adresser un message fort aux preneurs d’otages et aux terroristes ». Et, au cas où certains auraient douté du bien fondé de la récompense, le porte-parole Hervé Marro, lui, avait explication : « Le prix Nobel de la paix est remis à Ingrid Betancourt au motif de ses combats menés en Colombie avant son enlèvement (…), de son irréductible engagement en faveur d’une Colombie pacifiée. »Certes, c’est un peu léger, mais le collectif avait d’autres arguments : « Le prix Nobel de la paix est également attribué à Ingrid car elle est l’incarnation du drame international de la prise d’otage (…). Inévitablement, ce prix doit inviter à la réflexion des puissants de ce monde… »Las, il n’invitera pas à grand-chose : le lendemain à 11 heures, alors que sainte Ingrid faisait déjà route vers l’hôtel Meurice, le Nobel et son million d’euros ont été attribué à un médiateur international qui a parcouru l’Afrique, l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient pendant des années, pour arracher des accords de paix : l’ex-président finlandais Martti Ahtisaari. Commentaire du « très déçu » Olivier Roubin numéro deux de
la Fédération internationale des comités Betancourt, à propos de ses préparatifs un peu hâtifs : c’était pour « faciliter le travail des médias au cas où, et non parce que nous pensions que la victoire était acquise ». 

Courage mon fils, il reste la canonisation !

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Le bonheur est dans le prêt ?

octobre 16th, 2008 by videodile

Supermanne… 

OMNIPRESIDENT, c’est métier à plein temps, mais sauver le monde du gouffre financier et, dans la foulée, « refonder le capitalisme », voilà carrément un boulot de super-héros. Il faut en effet quelques pouvoirs surnaturels pour réussir à sortir d’un coup d’un seul 360 milliards d’euros alors que « les caisses sont vides ». Et il en faut encore plus pour se porter, au nom de l’Etat, garant des banques alors que le Premier ministre considérait, voilà peu, ledit Etat comme « en situation de faillite sur le plan financier ».Mais à  SuperSarko rien d’impossible ! Un plan à 360 milliards et sans le moindre « impact direct sur les finances publiques », promis-juré. C’est magique.Certes, le plan en question est entièrement copié sur celui de Gordon Brown, mais SuperSarko a été prompt à se l’approprier et à poser en sauveur de la planète financière en se plaçant comme le deus ex machina du plan européen de 1700 milliards d’euros. Presque trois fois plus que le plan Paulson, les super-héros américains peuvent aller se rhabiller, ils ont trouvé leur maître, l’homme qui va relancer « un capitalisme d’entrepreneurs pour jeter les bases d’un autre système financier » ! C’est grand, c’est généreux, c’est beau, et même un rien mégalo.Mais le problème, pour les super-héros, c’est qu’ils finissent, à un moment ou a un autre, par être rattrapés par une réalité contre laquelle leurs superpouvoirs sont sans efficacité. Or, pour SuperSarko, ce réel qu’il s’ingénie à fuir en utilisant habillement la crise afin de le reléguer au second plan, même s’il n’en parle pas, n’a évidemment pas disparu. 360 milliards d’euros virtuels sous forme de garantie, c’est bien gentil. Mais 1250 milliards d’euros de dette publique, c’est du concret.Un gouffre que vont encore creuser les 40 milliards que l’Etat peut injecter dans les banques. Or, même les super-héros ne l’ignorent pas, plus la dette est lourde, plus les intérêts le sont et, au bout du compte, plus le contribuable en fera les frais.Mais, on l’aura compris, le bout du compte n’est pas le problème du moment de notre superomniprésident de France, d’Europe et presque du monde entier. Un super-héros s’échine à sauver le globe de la ruine et voilà que les gagne-petit viennent l’importuner avec des histoires d’augmentation d’impôts, de baisse du pouvoir d’achat ou d’ « économie réelle ». Des défaitistes qui ne comprennent rien à la haute finance et n’ont pas le sens des priorités.Ainsi, « la mobilisation pour l’emploi », qui, la semaine dernière, était encore « prioritaire » ne l’est plus. C’est une « question de tempo », a précisé l’Elysée pour expliquer l’annulation d’un voyage dans les Ardennes. L’heure est à « l’intervention sur le front bancaire », plus au président de l’emploi ou à celui du pouvoir d’achat. Il faudrait voir à ne pas confondre économie mondiale et l’économie locale.SuperSarko en est à essayer de profiter d’un voyage au Canada pour faire un saut à Washington et parler de sa refondation du capitalisme à Obama, et des fâcheux viennent l’embêter avec un voyage à Rethel. C’est comme les mesquins qui, à propos des déficits publics, s’inquiètent de ses engagements d’un retour à l’équilibre en 2012. Ceux-là n’ont rien compris ni aux anciennes promesses électorales ni au nouveau capitalisme réinventé de notre super-héros supersurendétté !!

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